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Le choix les « sanflans » ou chefs guerriers des classes d’âge en pays Abouré HISTOIRE TRADITION |

Les sanflan...



Les sanflan sont, en principe, choisis dans deux(2) clans : Le clan Mlé et le clan Ekévié.

A Moossou et à Bonoua, le clan Mlé propose des candidatures comme Sanflan des Attiblé et des Djamian-Mélimbé, et le clan Ekiévé fait de même pour les Baoulé et les Djamian. Ebra inverse  l’ordre : les Oloupié ou Mlé donnent des Sanflan aux Baoulé et aux  Djamian et les Vagbè ou Ekiévié pourvoient les Atiblé et les Djamian-Mélimbé en chefs guerriers.

Le Sanflan est une fonction dont on hérite dans le clan maternel : en principe, on ne peut être proposé Sanflan que lorsqu’on  a un oncle, un arrière-cousin ou un grand-oncle ou un arrière-grand-oncle maternel qui l’a déjà été. Mais en fait, ce principe qui régit la succession matrilinéaire n’est pas absolu. Quand le clan chargé de proposer des candidats estime n’avoir pas de bons sujets, il peut se rabattre sur des « fils du clan » ou des jeunes gens dont les pères sont du  clan et  ont été Sanflan. Supposons par exemple le cas de l’Ego A Sanflan de la classe des Baoulé de la génération N’nowé de Moossou. Il doit être « Assokolien » ou Ekévié   .  Or, en fait, il peut être du clan Moho ou Vossouan qui n’ont nullement le privilège de donner des Sanflan. Si l’Ego A est normalement accepté comme Sanflan de la classe Baoulé, c’est que le clan, par manque de personne, l’aura mis en remplacement de son père qui, est du clan Ekévié  et aura déjà joué le rôle de Sanflan.

Une fois la liste des candidats arrêtée dans la plus grande discrétion et d’un commun accord avec les chefs de clan, les responsables de génération « convoquent quelque réunion secrète, tous les membres de son groupe, à l’exception de ceux qui sont choisis pour être candidats. Au cours de cette réunion, on discutera surtout de la valeur morale et des qualités physique des candidats ». Une fois le choix arrêté, le groupe se disperse. Quelques semaines après, tous les membres de la génération sont appelés à une grande réunion. Ce sont les responsables de la génération précédente qui président la cérémonie. Un ancien tenant en main des tendres rameaux de palmier (anfon) saisit à l’improviste le pied droit d’élu et lui attache le pied avec la moitié d’un rameau. Il fait ainsi le tour de tous les élus. Les nouveaux chefs de troupe sont acclamés .Il arrive souvent que devant cette responsabilité morale et sociale qu’on leur confie, plus d’un « asanfonohlin »s’y refuse et cherche à fuir. On le saisit, et alors c’est l’acceptation dans les larmes …  Les nouveaux chefs de troupe prêtent serment à tour de rôle devant les membres de leur génération : « par-devant vous, mes pères, et par-devant vous, mes collègues, je prête serment. Je jouerai mon rôle de Sanflan, je rendrai par ma vaillance mon groupe invincible, je ne reculerai jamais devant l’ennemi au cours d’un conflit. Que je ne sois plus traité en homme, que je sois maudit par mon groupe si cela se produit ».  Après eux, tous les membres des groupes respectifs ensemble prêtent serment de rester solidaires, unis pour le meilleur et pour le pire. Un ancien remet aux nouveaux chefs de troupe les insignes de leur charge : « l’ohoto » (l’épée), le bonnet en peau de panthère (ékévé) et le foutou-mantè (sorte de couteau avec avec la gaine en métal qui sert à donner le signal du départ ou de l’arret de la troupe).                            

Après cette cérémonie, les membres de la génération organisent une danse guerrière. Ils sortent du bois sacré (forêt sacrée), se répandent dans l’artère principale  du village et vont jusqu’au bout de leur quartier. A Moosou, à Yaou et à Bonoua, l’ordre est le suivant :            

La classe des Baoulé ouvre la marche avec son chef de troupe. Ensuite vient le groupe des Djamian-Mélimbé précèdent les Attiblé qui ferment la marche.                                                                                 

A Ebra, la place des Baoulé et des Attiblé est la même. Mais au lieu des Djamian, ce sont les Djamian-Mélimbé qui suivent  les Baoulé. Les Djamian occupent le troisième rang.

Source: « Histoire et tradition politique du Pays Abouré » Abbé Jean-Albert



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